Nicolas Winandy : objectif golf!

11.03.25

Nicolas Winandy est membre de l’équipe nationale de golf du Luxembourg. A ce titre, il est l’un des piliers de la stratégie de la Fédération luxembourgeoise de golf pour briller dans les championnats européens par équipes. Depuis septembre, le jeune homme de 18 ans se consacre à 100% au golf. Rencontre avec un passionné que le golf rend heureux.

BIRDIE : Quand as-tu commencé le golf ?

Nicolas Winandy : J’ai commencé le golf occasionnellement à partir de l’âge de quatre ans.  J’accompagnais mon père au golf une à deux fois par mois.  C’est vers l’âge de 12 ans que j’ai vraiment commencé à jouer pour l’index.

 

B : Quel est ton index actuel ?
N.W. :
Je suis -3,3.

B : Comment es-tu venu au golf ?

N.W. : Grâce à mon grand-père, à ma mère et à mon père qui m’ont souvent emmené au Kikuoka où j’ai connu mon premier coach, Harry Goerke. J’ai adoré ce sport tout de suite.  Mon premier amour était le foot. Quand j’étais petit, le foot était ma priorité mais à 12 ans, j’ai commencé à préférer le golf.

B : Que t’apporte le golf ?

N.W. : Du bonheur !  Être dehors, dans la nature, pour pratiquer un sport individuel, ça me plaît beaucoup.  J’aime aussi beaucoup le challenge qu’offre la compétition.

B : Comment gères-tu la pression que peut parfois provoquer le golf ?

N.W. : Pour éviter le stress dans les compétitions, je suis les conseils de mon petit frère à propos de la respiration.  J’utilise un petit exercice qu’il m’a appris après son deuxième jour d’école. C’est un exercice pour enfants et pourtant il est très utile au départ des grandes compétitions !

 

B : Quel est le déclic qui t’a poussé, alors que tu avais à peine 18 ans, à te consacrer au golf à 100% ?

N.W. : C’était une grande décision mais c’était la meilleure pour moi.  J’avais vraiment du mal à l’école alors que j’étais très heureux au golf.  Depuis un moment, je savais que j’avais envie de gagner ma vie avec le golf.  Donc, j’ai réfléchi.  J’ai laissé la décision mûrir.  Je devais rentrer au Sportlycée et cela ne s’est finalement pas fait.  De ce coup dur, j’ai fait une opportunité.  Quand j’ai parlé de mon idée à mes parents, j’ai réalisé qu’ils en avaient déjà discuté entre eux. J’ai de la chance car ma famille est vraiment derrière moi à 100%.  C’est important d’avoir le soutien de la famille et des proches.  Je remercie vraiment beaucoup ma mère et mon père pour ça. Maintenant c’est golf, golf, golf.

 

B : Comment organises-tu tes semaines d’entraînement ?

N.W. : Je joue au golf six fois par semaine.  En réalité, ce qui est dur pour moi, c’est de garder une journée off, sans golf. J’aimerais jouer tous les jours mais je sais que le repos est aussi important que l’entraînement.  Si le corps est trop sollicité, il ne suit plus.  Il faut respecter les jours de repos et ne même pas penser au golf ces jours-là.  Pour moi, c’est difficile de prendre ce jour off. Ma semaine est rythmée par les entraînements physiques en salle quatre fois par semaine et les entraînements au golf.  Souvent, le lundi, je fais un petit footing avant d’aller au golf, pour bien commencer la semaine.  Mon jour off est plutôt le vendredi pour passer un peu de temps avec ma copine.  Et le week-end, je fais des matchs avec les copains qui ne peuvent pas jouer en semaine. Je m’entraine à présent avec Bart Bollen au Golf du Bois d’Arlon. Je remercie d’ailleurs Bart et Roby Schintgen, le propriétaire du Bois d’Arlon, pour leur confiance.  Et j’ai aussi un coach biomécanicien, Jean-Jacques Rivet, basé aussi au Bois d’Arlon.  A terme, il me faudra aussi un coach physique spécifique pour le golf car l’entraînement seul en salle n’est pas suffisant. 

 

B : Et côté coaching mental ?

N.W. : Je n’ai pas encore trouvé le coach mental idéal.  Pour moi, au golf, le mental est primordial.  Les bons golfeurs font la différence sur le mental.  Il ne suffit pas de bien toucher la balle.  Le mental peut faire la différence.

Suivez Nicolas sur Instagram

B : Quels seront les moments-clés de ta saison 2025 ?

N.W. : Il y aura le tournoi de l’Alps Tour pour lequel j’ai remporté une wild card l’année dernière en gagnant le Grand Prix de la Grange aux Ormes. Je vais aussi essayer de jouer le British Amateur en juin ainsi que les grands Internationaux : de France, de Belgique ou des Pays-Bas.  J’aimerais faire 10 à 15 grands tournois pour améliorer mon classement WAGR et atteindre le top 500 qui permet de se qualifier dans les très grands tournois auxquels participent les meilleurs amateurs et ainsi pouvoir me mesurer à ces joueurs.

 

B : Donc ton but est de rester amateur encore quelques années ?
N.W. :
Je ne suis pas pressé.  En fin de saison, je ferai quand même les qualifications de l’Alps Tour et du Pro Golf Tour pour essayer de décrocher une catégorie sur l’un de ces deux tours.  Mais le statut d’amateur permet de gagner en expérience.  J’aimerais bien un jour rejoindre Charles Weis et voir où je me situe par rapport à lui.  Je ne vais pas le laisser seul Luxembourgeois parmi les pros.

B : Quels sont tes objectifs à cinq ou dix ans ?
N.W. :
On ne connaît pas l’avenir mais j’aimerais atteindre mes gros rêves à horizon dix ans.  Jouer sur le DP World Tour ou le PGA Tour.  Avoir des rêves est important mais je suis réaliste.  Si je peux gagner ma vie avec le golf, je serai content.  Le reste sera du bonus.

 

B : Tu viens d’intégrer le cadre national du COSL (Comité Olympique et Sportif Luxembourgeois).  Qu’est-ce que ça représente pour toi ?

N.W. : C’est un plus, dans la continuité de ma participation à l’équipe nationale. Les athlètes du COSL représentent le Luxembourg dans tous les sports.  C’est intéressant de rencontrer des sportifs de haut niveau dans les autres sports.  Le COSL propose une aide financière et sportive comme des kinés, des salles de fitness, des coaches mentaux, etc. 

B : Parle-nous de ton expérience dans l’équipe nationale du Luxembourg.

N.W. : C’est une super expérience, avec de bonnes joueuses et de bons joueurs.  C’est comme une grande famille : on se soutient, on apprend des autres, on se challenge… A présent, il y a des plus jeunes qui entrent dans l’équipe et cela nous donne un nouveau rôle : leur donner l’envie de s’entrainer plus, transmettre notre passion, leur montrer le chemin.  Cela me plaît beaucoup de voir arriver ces plus jeunes qui ont tant de talent. Les coaches nationaux font un très bon job.  En quelques années, Leon (Marks) et Douglas (McClean) ont développé un vrai programme de coaching, de stages et de compétitions. Leon est le head pro.  Il est donc le garant de l’harmonie et nous, les joueurs, devons accepter ses décisions et ses choix, comme les joueurs de Ryder Cup acceptent les choix de leur capitaine.

B : Quel est ton parcours préféré au Luxembourg ?
N.W. :
Le Grand-Ducal, mon home-club.

 

B : Et à l’étranger ?

N.W. : Waouh !  C’est une question difficile !  Il y en a beaucoup !  Mais j’ai adoré le Scandinavian Golf Club au Danemark.  C’est un parcours à la fois difficile et beau.

 

B : Quel est ton club préféré dans ton sac ?

N.W. : Le driver !  Le driver a toujours été mon arme. C’est quand les fairways deviennent étroits que je me sens le mieux avec mon driver…

 

B : Quel est ton champion préféré ?
N.W. :
Rory McIlroy ! Parce que c’est un bon joueur, aimé de beaucoup de gens, parce qu’il sait jouer au golf en restant toujours calme et en s’accrochant quoi qu’il arrive.  Et en plus, il met des drives hallucinants à 400 mètres.  C’est beau à voir !


B : Ta plus grande émotion au golf ?
N.W. :
Gagner ! Être vainqueur d’un tournoi, c’est une grande émotion.  En 2023, je voulais remporter le Championnat National du Luxembourg et rentrer dans le classement WAGR.  Trois semaines avant le Championnat, j’ai remporté le Grand Prix de Preisch et gagné mes premiers points WAGR.  Ensuite la victoire au Championnat National a suivi et a été une grande joie.  Si je deviens professionnel un jour, je serai fier d’avoir été champion du Luxembourg. C’était comme un point de départ.  A présent, il me reste à gagner les Internationaux du Luxembourg pour ressentir à nouveau cette émotion très luxembourgeoise.  Et si ça pouvait être au Grand-Ducal, ce serait merveilleux ! C’est sur ma bucket list !

 

B : Quelle serait ta partie de golf idéale ?  Trois partenaires, un parcours.

N.W. : Je choisis d’abord mon caddie : Yan Putz, mon ami avec qui je m’entraine en ce moment et qui, je l’espère, sera mon caddie sur le tournoi de l’Alps Tour que je jouerai cette année.  Mes partenaires de rêve seraient Ludwig Åberg, Rory McIlroy et mon père, qui rêve aussi de jouer avec Rory. Le tout à Augusta !

 

B : As-tu un grand rêve de golfeur ?
N.W. :
Participer aux Masters !  Cela voudrait dire que tout le reste a marché !

 

B : Qu’est-ce qu’on pourrait dire aux jeunes non-golfeurs pour les inciter à se mettre au golf ?

N.W. : Qu’il faut essayer !  Quand on a un mauvais jour, on peut prendre un ballon de foot et taper fort.  Au golf aussi !  On prend le driver et on essaie de la mettre à 400 mètres comme Rory ou de faire monter sa vitesse de club !  Le golf apporte du calme, de la motivation dans la vie et l’esprit de compétition. Je propose aux jeunes qui pensent que ce n’est pas un sport d’essayer !  Sans essayer, on reste sur ses préjugés. Ce n’est même pas un sport si cher car au Luxembourg, les memberships sont vraiment peu chers pour les jeunes !

Right Menu IconMenu