En cette période de rentrée, BIRDIE souhaite une très bonne année académique à tous les athlètes luxembourgeois étudiant aux Etats-Unis et particulièrement aux golfeuses Marie Baertz, Lisa Steingrube, Nina Wojtczak et aux golfeurs Andrew et Stefan Rojas !
A cette occasion, zoom sur Marie Baertz! La Southland Conference Women‘s Golfer of the Year, Championne du Luxembourg 2025 et leader de l’équipe luxembourgeoise victorieuse du Ladies European Team Shield Championship cet été, nous parle de sa vie aux States et revient sur la belle victoire européenne de l’équipe féminine du Luxembourg. Entretien avec une jeune femme de 22 ans pétillante, bien dans sa tête et dans son golf.
BIRDIE : Marie, tu viens de t’envoler pour le Texas où tu commences ta troisième année d’université en Bachelor en Construction Engineering à la Texas A&M University – Commerce, comment te sens-tu en cette semaine de rentrée ?
Marie Baertz : Tout va bien ! Ici, près de Dallas, la météo est bonne, 35° environ… et nous avons eu notre premier entrainement de golf. C’est reparti !
B. : As-tu le moral ? Le Luxembourg ne te manque pas trop ?
M.B. : Je me sens bien. C’est toujours 50/50, en fait. J’ai hâte de commencer ma saison ici et en même temps, ma famille et mes amis me manquent. Mais je sais que je rentre en décembre. Donc tout va bien ! C’était plus dur la première année car quand on arrive ici, on se demande comment ça fonctionne. Quand je vois mes deux nouvelles team-mates cette année, j’essaie de faire au mieux pour qu’elles se sentent tout de suite à l’aise car je suis passée par là. J’ai eu la chance d’arriver aux Etats-Unis à 20 ans. C’est plus simple qu’à 18 !
B : Comment se passent tes études ?
M.B. : Comme tous les bachelors américains, mes études dureront quatre ans. J’ai choisi une « major » en Construction Engineering et une « minor » en mathématiques car j’avais déjà quelques crédits de mon année à Zurich. Côté golf, nous avons les entraînements physiques, c’est-à-dire la musculation, le mardi et le jeudi à 6h50. Nous avons nos cours de bachelor tous les matins et nos entraînements de golf tous les après-midis, sauf le dimanche. Lorsqu’il y a des tournois, ils ont en général lieu du dimanche au mardi. On commence par la reconnaissance du parcours le dimanche puis on enchaîne avec 36 trous le lundi et 18 trous le mardi. Il y a cinq ou six tournois en automne et cinq ou six tournois au printemps.

B. : Quels sont les objectifs de la saison ?
M.B. Nous jouons la « Conference » à la fin du mois d’avril. Il s’agit d’un tournoi interuniversitaire et intersports. Si nous finissons premiers de ce tournoi, nous jouons au niveau « Regional » à la fin du mois de mai, puis au niveau « National ». L’année dernière, nous avons fini deuxièmes à la Conference, ce qui était plutôt bien et à titre personnel, j’ai également fini deuxième. Ce tournoi est le gros objectif de cette année. Mon université est en première division et n’a jamais pu jouer le niveau régional pour des questions administratives et financières. Mais cette année, c’est vraiment possible de viser plus haut.
B. : Ton équipe est-elle principalement composée d’Américaines ?
M.B. : Non, pas du tout. Zéro Américaine cette année ! Nous avons une Argentine, une Bolivienne, une Suédoise, deux Allemandes et moi.
B. : D’après toi, qu’est-ce qui explique que les bons golfeurs et golfeuses européens et européennes partent aux États-Unis ? Pourquoi n’arrive-t-on pas à les garder en Europe ?
M.B. : Personnellement, j’ai commencé mes études à Zurich. Je n’avais plus le temps de jouer au golf parce que notre système n’est pas fait pour le sport. Ici, j’ai toujours un plan de ce que je dois faire. Nous avons des conseillers qui préparent notre planning et organisent notre temps. Je n’ai pas de préoccupation de ce côté-là. Tout est pensé pour nous, pour nous laisser le temps de nous entraîner. C’est très pratique. En plus, on peut s’entraîner intensivement toute l’année puisque la météo est toujours bonne ! Pas besoin de golf indoor ou de simulateur. Grâce à cette bonne organisation, nous nous entraînons vraiment beaucoup. Les Américains disent que la technique importe peu car nous sommes déjà tous de bons athlètes mais ils pensent que si on s’entraîne plus, on devient un meilleur joueur. Le but est de devenir plus fort, d’avoir plus de dynamique, de travailler le physique par la musculation. Et c’est vrai que si l’on vient étudier ici, en principe, on a déjà un bon swing. Ici, c’est la performance qui compte. A l’entraînement, on fait beaucoup de drills, d’exercices répétitifs. Et on ne rentre pas tant qu’on n’a pas réussi tel ou tel exercice. Leur but est aussi de mettre la pression à l’entraînement car si on gère la pression à l’entraînement, on la gèrera en compétition.
B : As-tu eu le choix de ton université ?
M.B. : Le choix était assez limité car pour les bachelors scientifiques, seulement 16 universités correspondaient à ce que je cherchais. Et il fallait encore trouver une équipe de golf et que cette équipe soit à peu près de mon niveau… Je crois que j’ai fait le bon choix.
B. : Tu aimes le Texas et ta vie à Dallas ?
M.B. : Honnêtement, j’aime bien. C’est très très différent de l’Europe ! J’ai des chocs culturels tous les jours. Mais c’est vraiment bien. Il fait chaud, on peut tout faire. Et maintenant, j’ai une voiture ici. C’est très pratique, notamment pour aller voir les matchs de basket des Mavericks qui jouent en NBA ! Mais honnêtement, on n’a pas trop le temps de faire autre chose que l’école et le sport…
B. : Tu parlais de choc culturel. As-tu un exemple ?
M.B. : La nourriture ! Heureusement que nous avons une bonne cantine car je n’aime qu’un seul restaurant. Tous les autres ne sont pas aux goûts des Européens.
B.: Qu’est-ce qui a été le plus difficile quand tu es arrivée aux Etats-Unis ?
M.B. : Je pense que le plus difficile est vraiment de s’habituer à s’entraîner autant. En plus, ici, il fait chaud et nous portons toujours notre sac. Et puis les journées sont très longues, avec la muscu, puis les cours, puis le parcours et les trajets université/golf qui prennent une heure…
B : Et qu’est-ce qui a été plus facile que prévu quand tu es arrivée aux États-Unis ?
M.B. : De me faire des amis ! Il y a beaucoup d’étudiants internationaux. Par exemple, ma room-mate vient d’Allemagne. J’ai tout de suite rencontré beaucoup de gens super gentils. En fait, je trouve que tout le monde est super gentil. Les professeurs, par exemple, sont compréhensifs si je ne peux pas venir au cours à cause des tournois. Ils donnent les cours en avance, envoient des vidéos ou nous aident. Il n’y a pas beaucoup d’athlètes dans les études d’ingénieur, seulement un joueur de football américain et une footballeuse. Donc heureusement que les professeurs s’adaptent. Quand je suis arrivée, l’une de mes team-mates faisait les mêmes études que moi. Elle m’a donné de précieux conseils pour bien m’organiser.
B. : Quelles sont tes ambitions ? Tu voudrais devenir golfeuse professionnelle ou plutôt ingénieure ?
M.B. : Honnêtement maintenant, j’essaie de faire les deux : jouer mon meilleur golf et réussir à l’école. Vraiment j’ai des ambitions cette année avec notre équipe et j’aimerais aller jusqu’au « National ». Je trouve que pour notre université, c’est vraiment important et toute l’équipe est vraiment motivée !

B. : Parlons de l’équipe nationale luxembourgeoise et surtout de cette magnifique victoire au Ladies European Team Shield Championship cet été ! Peux-tu nous expliquer ce qu’est ce tournoi organisé par l’EGA (European Golf Association) ?
M.B.: Le Team Shield est une sorte de deuxième division pour les pays européens qui comptent moins de golfeurs. Il y a des pays qui ont vraiment de bons joueurs, mais qui n’en ont pas suffisamment pour la première division. Pour le Team Shield, le pays peut inscrire une équipe de seulement quatre joueurs alors qu’en Division 1, il faut six joueurs.
B. : Qu’est-ce qui a fait la différence pour le Luxembourg cette année ?
M.B. : C’était ma cinquième participation et c’était vraiment cool car on avait vraiment une bonne équipe. Toutes les quatre, nous jouons dans le même club en Allemagne en 2ème Bundesliga. Et vraiment c’était trop cool. On se comprend vraiment très très bien et je dirais que c’est ça qui nous a donné confiance. Je dirais aussi qu’avant, on avait moins d’expérience. Et puis Lisa et moi sommes toujours aux États-Unis où nous nous entraînons beaucoup plus. Nous ne sommes pas allées au Team Shield en pensant que nous allions gagner mais là, je trouve que Douglas (McLean, ndlr.), notre coach, a fait un travail incroyable. Il nous donne de la confiance. Il nous dit toujours qu’on peut le faire, il nous dit toujours « vous pouvez gagner, vous pouvez gagner, vous pouvez gagner ». Nous, les filles, pensons toujours « on ne peut pas, non on ne peut pas ». C’est vraiment lui qui nous a donné confiance et je trouve que c’est vraiment un très bon coach ! Techniquement aussi, il m’a bien aidée, en corrigeant un tout petit détail dans mon putting. Cela n’a pas changé grand chose à mon jeu mais dans ma tête, ça a tout changé ! Et puis cette année, nous avions une excellente équipe pour le foursome avec Lisa et Emma qui jouent souvent cette formule en Bundesliga. Et aussi parce qu’Ella, dont c’était la première participation, a très bien joué. Cette victoire au Team Shield est à ce jour mon plus beau souvenir de golf !
B. : Merci Marie d’avoir trouvé le temps de répondre à nos questions en cette semaine de rentrée !
Pour ceux qui veulent connaître Marie un peu mieux, un peu de patience. Nous lui consacrerons un long article dans notre prochain BIRDIE !
Bonne rentrée à tous les étudiants golfeurs !