MARIE FACCIOLINI – Head pro et manager du Golf de Christnach

7.04.21

Marie Facciolini vit au Luxembourg depuis plus de vingt ans et enseigne au Golf de Christnach depuis six ans. Rencontre avec une fille du sud bien dans ses baskets (ou dans ses chaussures de golf…)

Marie, comment as-tu découvert le golf ?

J’ai commencé à jouer au golf à l’âge de 13 ans. A l’époque, j’étais en sport-études tennis et mon père était directeur sportif du Golf d’Opio Valbonne. Le golf était pour moi un sport pour personnes âgées, jusqu’à ce que je m’y essaie… C’est ainsi qu’à 17 ans, je me suis retrouvée en équipe de France! Jusqu’à 21 ans, j’ai passé les cartes pros et je suis restée huit ans sur le circuit jusqu’à atteindre la 55ème place au ranking.

Et comment es-tu arrivée au Golf de Christnach ?

J’ai eu quatre enfants et je me suis installée au Luxembourg avec ma famille il y a vingt ans déjà. Quelques années plus tard, j’ai eu envie de revenir à l’enseignement puisque sur les bons conseils de mon coach Roger Damiano, j’avais passé mon diplôme de pro-enseignant. C’est ainsi que je suis devenue pro à Christnach il y a six ans et j’en suis ravie!

Quelles sont tes relations avec Monsieur Leske, le propriétaire du Golf de Christnach?

Quand je suis arrivée à Christnach, j’ai très vite sympathisé avec Monsieur Leske. Nous avons développé une grande confiance mutuelle. J’admire cet ancien sportif amateur de handball et de sports automobiles qui s’est lancé dans le golf il y a vingt-cinq ans avec beaucoup de passion. J’apprécie chez lui les ambitions qu’il a toujours pour les juniors. Monsieur Leske a encore aujourd’hui de belles motivations et est toujours prêt à sauter sur les idées positives.

Et si j’ai bien compris, tu as pris récemment plus de responsabilités à Christnach. Quelles sont tes missions?

D’enseignante, je suis devenue head pro, grâce à mon expérience, ma carrière sur le circuit et les bons résultats de nos juniors ces deux dernières années, notamment avec Lisa Steingrube, championne du Luxembourg en 2019 et avec Charel Mayer, champion du Luxembourg U12 en 2020. En plus, je prends à présent aussi la responsabilité de l’organisation des leçons, des compétitions, des relations avec les partenaires, de l’amélioration du terrain, du développement du golf. J’aimerais augmenter la convivialité, organiser des compétitions en fin de journée l’été avec barbecue, des journées découvertes lors desquelles les membres pourraient inviter famille et amis, inciter les non-golfeurs à essayer le golf. Nous avons aussi le projet de faire découvrir le golf aux enfants, peut-être même de développer le baby-golf. Enfin, je m’efforce d’animer nos réseaux sociaux. Que de défis ! Mais j’adore ça.

Décris-nous le parcours de Christnach!

Le parcours s’améliore d’année en année! Nous avons allongé le départ du trou 1, refait celui du trou 3 et du trou 12. Nous allons délimiter les zones de rough, petit rough et haut rough, notamment pour garder l’humidité l’été et retenir un peu la balle. Ce côté plus champêtre va gommer les difficultés imposées par le nouveau ranking.
Le parcours est très très bien entretenu. Nos greenkeepers font vraiment un travail exemplaire.

Quel est selon toi le plus beau trou à Christnach?

Ceux qui connaissent le parcours ne vont pas le croire mais j’adore le trou numéro 7: ce long par 5 avec deux hors-limites, un dogleg et un arbre au milieu est superbe. Mais ce que j’aime le plus à Christnach, c’est l’infrastructure d’entrainement.  Nous avons le plus grand practice du pays, chauffé et éclairé! Et avec les putting greens et le pitch and putt, l’entrainement est au top à Christnach.

Que peut-on dire des spécificités d’être une femme dans le monde du golf ?

C’est difficile (rires). Mon expérience sur le circuit et ma personnalité m’ont toujours permis de m’imposer, même dans ce milieu de machos (rires).  Mais le plus important est l’ouverture et l’écoute. Je refuse d’être la pro qui vient, donne ses leçons et s’en va.  Je veux m’investir dans la relation avec les membres.

As-tu le temps de jouer ?

Je joue énormément avec mes élèves. Je pense que ça fait toute la différence. C’est l’enseignement par l’exemple. Mes élèves sont heureux que je joue avec eux et moi j’adore ça! Je pense qu’ils comprennent mieux le jeu de golf et la gestion du parcours.

Que dirais-tu à quelqu’un qui aurait envie de se mettre au golf aujourd’hui?

Je lui dirais : « Viens avec moi, je te donne un club, on fait une demi-heure offerte et on en reparle! Et demain, viens avec ta femme et tes enfants! »  Non, ce n’est pas un sport de vieux ou un sport de bourgeois! Non ce n’est pas cher: pas plus que le ski ou l’équitation! 

Quel est ton parcours préféré au Luxembourg?

Christnach mis à part, j’adore le parcours du Grand-Ducal parce qu’il me fait penser aux vieux parcours parisiens avec ses arbres centenaires et son charme.

Et de l’autre côté de la frontière?

J’aime beaucoup Longwy dont je trouve la qualité des greens magnifique et la Grange aux Ormes. Et puis il y a les parcours du sud : Mougins, le Old Course de Mandelieu et Taulane…

Quelle a été ta plus belle rencontre au golf ?

Severiano Ballesteros à Mougins dans les années 95-98. Les pros de l’époque étaient beaucoup plus abordables. J’étais toute jeune et les organisateurs sollicitaient les jeunes de la région pour faire caddy. Ce joueur était magnifique. J’ai aussi eu l’occasion de rencontrer Laura Davies lors du Gleneagles Open lorsque j’étais sur le Tour. Elle arrivait en Ferrari, tapait trois balles au practice avant d’aller sur le parcours et restait toujours très abordable.

Ton rêve de golfeuse ?

Retourner sur le circuit? Pourquoi pas? La compétition me manque.  C’est pour ça que je joue dès que je peux, alors qui sait?

 Pour en savoir plus sur le Golf de Christnach, consultez notre Guide des golfs!